– Râleur en formation : amadouer celui qui s’oppose

Quand on est formateur, on se frotte à tous types d’apprenants : celui qui reste silencieux, celui qui participe, celui qui sait tout… Et parmi tous, il y a le râleur.

A l’occasion de mon article « Arrêter de râler : que se passe-t-il dans votre cerveau quand vous vous plaignez ? » sur mon autre blog Sociologiquement Vôtre, je vous présente ici une variante spéciale Formateur !

Parce que certaines personnalités sont plus « dures » que d’autres et qu’on préfère se concentrer sur l’apprentissage en lui-même.

Alors sans plus attendre :

Comment gérer un râleur (celui qui trouve toujours à redire) ?

Ou celui qui se plaint. Mettons-les dans le même sac et ne jouons pas sur les mots.

#ETAPE1 : Vous devez savoir à qui vous avez affaire

Avant de pouvoir agir, il faut identifier la manière dont s’oppose l’apprenant.

Grosso modo, les profils les plus fréquents sont au nombre de quatre :

L’expert pinailleur

C’est celui qui veut imposer son opinion à tous. Il croit connaître ou connaît le sujet mieux que le formateur. Il discute sur des détails et monopolise la parole.

LA MINUTE PSYCHO -> Son attitude manifeste un besoin de reconnaissance. 

Le saboteur

C’est celui qui remet tout en cause, notamment les connaissances du formateur. En coulisse, il fait un travail de sape.

Il intervient très rarement ou au contraire très souvent.

Le rebelle passif

C’est celui qui indique sa désapprobation ou pire, son énervement par des mimiques et des mouvements d’humeur.

Il crée ainsi des tensions, mais ne prend pas la parole.

Le bagarreur

Au contraire, c’est celui qui prend régulièrement la parole. Ses interventions sont plutôt agressives (toutes proportions gardées).

Il s’oppose au formateur. Son attitude est fermée.

#ETAPE2 : Vous devez traiter le problème

Quel que soit le mode de communication adopté par le participant, le formateur ne doit pas ignorer celui qui s’oppose. Parce qu’on ne peut tout simplement pas laisser ronchonner quelqu’un dans son coin, cela nuirait grandement à la formation. On est tous d’accord là-dessus.   

Ecoutez le participant

Donnez-lui la parole. Et s’il ne dit rien, demandez-lui-en quoi il n’est pas d’accord.

Mais soulignez toujours l’intérêt que ça a pour le groupe d’échanger. Sous-entendu : le participant doit alors faire une intervention intéressante ou se taire.

Écouter ce qu’il a à vous dire vous permet de connaître sa motivation. Bien souvent, il y a deux catégories :

  • Ceux qui ont pris l’habitude de râler parce qu’ils ont été découragés à maintes reprises dans leur vie et qu’ils ont appris dans l’adversité,
  • Ceux qui sont frustrés parce qu’ils trouvent des incohérences (des erreurs) et qui ont l’impression que quelque chose ne fonctionne pas avec la façon dont les choses sont présentées.

Si on résume : le participant s’oppose parce qu’il râle par habitude ou parce qu’il est frustré.

Adaptez votre discours

Partons du principe qu’une plainte nous fait ressentir soit de la compassion, soit de l’ennui, soit de la détresse (parce que ça tourne à l’accusation).

Demandez-vous ce que vous ressentez face à la plainte et à la critique. Ce sera un bon indice.

Mais surtout, ne laissez pas vos sentiments vous manipuler. C’est-à-dire que vous ne devez pas réagir négativement et impulsivement.

NE VOUS ENGAGEZ PAS EMOTIONNELLEMENT !

(ne pas prendre la critique personnellement, ne pas donner raison aux revendications…)

Et par-dessus tout, il ne faut pas compatir. Même si vous avez envie de dire que vous comprenez à quel point c’est terrible et que vous le plaignez beaucoup… pour vous le mettre dans la poche. Abstenez-vous absolument.

N’activez pas le feu, éteignez-le au contraire. Gardez un ton calme et ne vous laissez pas déborder par l’intervention.

Soyez le plus factuel possible

Les faits et rien que les faits. Règle n°1 des sciences sociales.

  1. Demandez au participant de bien vouloir justifier sa position avec une question du type « comment analysez-vous la situation ?» ou « précisez-moi ce que vous entendez par… ? ».
  2. Demandez au participant ce qu’il attend, ce qu’il souhaite. Vous avez intérêt à le laisser trouver la réponse par lui-même.
  3. N’hésitez pas à recadrer l’intervention avec un petit « auriez-vous un exemple précis ? ».
  4. Différez la réponse à la question si nécessaire et revenez-y plus tard (vous pouvez consulter à ce sujet mon article « Gérer les questions auxquelles on ne veut pas répondre » ).

Même si la remarque vous agace, vous devez en tenir compte. Et ne pas montrer votre agacement dans votre réponse.

Par exemple, j’ai eu un « ce n’est pas en 4 jours que l’on devient formateur, on l’est ou ne l’est pas » lors d’une formation de formateur. J’ai répondu que la maîtrise du métier lié au domaine de compétences du formateur était effectivement essentielle. Mais qu’on n’était pas là pour que je leur apprenne leurs métiers respectifs. J’ai ajouté qu’on était là pour que je leur donne des outils pour agir dans leur quotidien de formateur. Et finalement, cette personne m’a laissé une excellente évaluation.

Ce que vous devez retenir

Pour gérer un râleur en formation (celui qui a à redire sur tout) :

  • Vous devez savoir à qui vous avez affaire,
  • Vous devez traiter le problème en écoutant, en adaptant votre discours et en restant factuel.

Et vous ? Dites-nous comment vous gérez les râleurs et les plaintes plus généralement.

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Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.

– Formateur : Gérer les questions auxquelles on ne veut pas répondre

Au cours de votre carrière, vous obtiendrez inévitablement des questions auxquelles vous ne voulez pas répondre. Et ce, peu importe le sujet abordé.

C’est l’angoisse de toute personne qui intervient devant plusieurs personnes dans son quotidien de travail.

Vous sentez la pression qui monte ?

Emoticone malade

Rassurez-vous. Savoir répondre à n’importe quelle question tout en gardant son éthique et son authenticité, c’est possible. Et sans perdre confiance ni crédibilité.

Le mieux étant de savoir comment éviter complètement la question à laquelle on ne veut pas répondre. Mais le mieux est l’ennemi du bien, c’est bien connu. 😉

Et bien si, c’est possible aussi m’sieurs dames !

Restez-avec nous pour découvrir comment gérer une question malvenue et mieux, comment l’éviter de prime abord.

Comment faire face aux questions auxquelles on ne veut pas répondre ?

Apprenez à ne répondre qu’aux questions auxquelles VOUS voulez répondre

#ETAPE1 : Vous devez comprendre la question

Premièrement, si vous ne comprenez pas vraiment la question, vous devez absolument découvrir ce que veut dire votre interlocuteur. Pourquoi ? Pour éviter les mauvaises interprétations, mais surtout parce que quoiqu’il arrive, vous devrez répondre à cette question.

Plutôt que de demander à la personne de répéter la question, essayez plutôt de la paraphraser, de la reformuler selon ce que vous avez compris. C’est une technique puissante qui permet de :

  • montrer qu’on se soucie de la question,
  • montrer qu’on veut et qu’on prévoit d’y répondre,
  • de s’assurer d’obtenir la bonne question pour pouvoir fournir la bonne réponse.

Croyez-moi l’effort sera apprécié.

#ETAPE2 : Vous devez arrêter de vous demander si vous avez la réponse ou non

La plupart d’entre nous réagissons spontanément à une question extérieure en nous demandant à notre tour si on connaît la réponse à cette question. Il n’y a pas de mal à ça. C’est humain.

Vous devez dépasser cette étape. Demandez-vous plutôt si la question est dans le périmètre de la formation ou non. Une question entrant dans ce périmètre est pertinente pour la personne qui pose la question et donc toutes les autres personnes présentes dans la salle.

Si la question n’est pas dans le périmètre et qu’elle n’a pas de rapport avec le sujet et le contexte, alors vous ne devriez pas y répondre.

Donc, quand vous avez compris la question et que vous avez déterminé si elle était pertinente ou pas, deux solutions s’offrent à vous:

-> l’ignorer avec quelque chose du genre : « Si la question concerne la présence des flamands roses en Afrique, je vous invite à en parler avec moi à la pause. »

-> y répondre. C’est le moment où vous revenez avec votre « est-ce que je le sais ou non ? ».

Évitez de répondre « je ne sais pas »

Bien sûr si vous ne savez vraiment pas, indiquez-le simplement à vos participants. Mais indiquez également que vous allez vous renseigner. Vous différez simplement votre réponse. Cependant, n’oubliez jamais (au grand jamais) de répondre à une question.

Parce que vous engagez votre crédibilité et la confiance de vos apprenants.

C’est pour cela que dans la mesure du possible, vous devez éviter de répondre « je ne sais pas ».

Même si vous ne connaissez pas vraiment la réponse.

Rappelez-vous que toute question ne relevant pas du sujet ne doit pas être traitée. N’allez pas risquer un « je ne sais pas » pour du beurre…

#ETAPE1 : Vous devez anticiper la question

Faites-en sorte que vos apprenants ne vous posent QUE les questions que vous voulez qu’ils vous posent.

En fait, le formateur doit dire ce qu’il veut qu’on lui demande.

Emoticone qui doute

C’est vous qui allez provoquer la question ! Vous allez amener vos participants à poser une question.

Le plus dur étant de susciter la première question.

La plupart des formateurs poseront des questions du type : “quelqu’un a-t-il des questions ? ». La réponse est bien souvent « Euuuhh… non ». Ça ne marche tout simplement pas.

Oui, réfléchissez. Quelles sont les deux réponses possibles à cette question ?

C’est soit oui, soit non. Et si par le plus grand des hasards, c’est oui, l’apprenant devra alors se demander si sa question est stupide ou non. Le risque est donc qu’il ne la pose pas. Et en plus, il se questionne sur son intelligence.

Banco, c’est là qu’on débarque avec notre « vous savez, il n’y a pas de questions bêtes… » pour remotiver nos troupes. Fiasco.

Comme la plupart de nos participants ne veulent pas paraître idiots, ils ne demanderont tout simplement pas ou pire, ils attendront pour poser leur question. Jusqu’à ce que tout le monde dans la salle s’y attende le moins… y compris et surtout nous-mêmes !

Quand l’apprenant pose une question à un moment inattendu, il pose presque toujours une question qui n’est pas pertinente.

Au fameux « avez-vous des questions ? », préférez plutôt « quelles sont vos questions ? ». En demandant ainsi, on sous-entend qu’il doit y avoir des questions et ça ne conduit pas l’apprenant à s’interroger sur ses capacités.

De plus, susciter les questions peut être une aide appréciable lorsqu’on veut impliquer les participants pour maintenir leur attention et ainsi faire un réveil pédagogique. Vous pouvez consulter à ce sujet mon article “Comment récupérer rapidement l’attention de l’apprenant ?“.

#ETAPE2 : Vous devez orienter la question

Avec « quelles sont vos questions ? », vous obtiendrez plus de chance qu’il y ait une question. Cependant, elle peut encore être hors du périmètre de la formation. Il faut amener vos participants à poser des questions sur le sujet que vous enseignez et auquel vous vous êtes préparé.

Bref, des questions que vous attendez. Et auxquelles vous avez la réponse.

Par exemple, si vous venez d’enseigner à votre classe comment bien réaliser le glaçage d’une bûche de Noël, vous posez la question suivante : “Quelles questions avez-vous sur le glaçage ?”. Et n’acceptez uniquement que les questions portant sur le glaçage ou les bûches de Noël. (Non, non ! Vous ne parlerez pas des délicieux croissants que vous avez fait dans le cours d’avant, bande de petits coquins.)

On n’effleure ici qu’une minuscule partie de l’art subtil de poser des questions et d’y répondre. Mais je pense que c’est une bonne base pour commencer à agir sur les questions qui nous sont posées en formation.

Sachez répondre à n’importe quelle question

Si vous êtes gênés pour répondre immédiatement à la question, vous pouvez la repousser. Sinon, êtes-vous vraiment prêts à tenter de répondre à une question à laquelle vous n’êtes pas sûr de connaître la réponse devant plusieurs personnes ?

Émoticône geek mieux apprendre

On préfère bien souvent prendre le temps (même minime) de pouvoir faire des recherches pour répondre à une question qu’on ne maîtrise pas. Vous répondrez plus tard à la personne qui vous a posé la question.

N’oubliez pas que vos participants analysent de façon consciente ou non, vos gestes et vos dires pour déterminer si vous êtes toujours la personne crédible en qui ils ont confiance depuis le début.

Repousser la question à plus tard permet de montrer que vous vous souciez d’eux et que vous voulez répondre à leurs besoins.

Il peut aussi arriver que la question arrive trop tôt dans le déroulé de la formation. Dans ce cas, différez la question en la remettant à plus tard (« bonne question, on va l’aborder dans la partie suivante »). En bonus, vos apprenants continueront de penser que vous détenez le savoir et que vous les guidez avec succès vers l’objectif de formation.

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-> Ce que vous devez retenir

1. Apprenez à ne répondre qu’aux questions auxquelles vous voulez répondre.

  • Vous devez comprendre la question
  • Vous devez arrêter de vous demander si vous avez la réponse ou non

2. Évitez de répondre « je ne sais pas ».

  • Vous devez anticiper la question
  • Vous devez orienter la question

3. Sachez répondre à n’importe quelle question.

Et vous, dites-nous comment vous gérez les questions auxquelles vous ne voulez pas répondre ?

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Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.

– Comment récupérer rapidement l’attention de votre public ?

Même si ça vous paraît tomber sous le sens, c’est une question qui mérite toute notre attention (pour le coup !).

C’est vrai quoi… Lorsqu’on est en situation de formation, on ne peut pas maîtriser l’intégralité de l’interaction de groupe. Même si on l’encadre en tant que formateur afin de rester dans le sujet et d’éviter les déviances. (En tout genre).

On a aussi les décrochages. Un peu, ça se gère. Beaucoup et le participant est perdu lorsqu’il veut raccrocher les wagons. En tant que formateur, vous devez identifier le décrocheur et récupérer rapidement son attention. Sinon, votre objectif ne sera pas atteint car le participant ne sera pas opérationnel à l’issue de votre formation.

7 conseils pour récupérer l’attention de vos apprenants (si vous l’avez perdue) 

Le cerveau ne peut pas emmagasiner un nombre illimité d’informations. Donc, il trie. Si vous provoquez une surcharge cognitive, votre apprenant va décrocher.

#CONSEIL1 – Vous devez identifier tous les distraits

C’est-à-dire toute personne qui s’adonne à des activités sans rapport avec votre formation (vérifier ses mails, dessiner, etc.).

Pour cela, vous devez vous décentrer. Et observer vos participant. Leur attitude vous en dira beaucoup.

Vous devez aussi accepter qu’on ne puisse pas empêcher un adulte de faire des liens dans sa tête et de se laisser emmener par son esprit. Alors quand il pense à autre chose, contentez-vous d’utiliser une des techniques suivantes pour ramener son attention.

Le neurobiologiste John Medina parle de cycle d’attention de dix minutes (« Les pouvoirs cachés de votre cerveau »). Autrement dit, si vous n’utilisez pas un stimulus toutes les dix minutes environ, vous risquez de perdre l’attention de votre audience.

#CONSEIL2 – Vous devez avoir un hameçon

En bon pêcheur que vous êtes.

Si un apprenant ne prête pas attention, il y a de fortes chances qu’il ne sache pas pourquoi il a besoin d’apprendre sur le sujet. Ou qu’il ne voit pas l’utilité ou l’applicabilité immédiate.

Vous devez lui rappeler pourquoi il doit se soucier du contenu de la formation. Rassurez-vous ! Pas besoin de jouer à la maîtresse d’école.

Il suffit d’avoir écrit à l’avance sur une feuille A4, le but ultime du pourquoi vos apprenants doivent absolument avoir l’information que vous enseignez (l’objectif pédagogique principal).

Il est strictement impossible qu’il n’y en ait pas. Ou alors, ce n’est pas une formation.

Pensez-y comme si c’était pour une publicité. Voilà, vous l’avez. Et bien, ce sera votre hameçon. Gardez ce papier à portée de main et de façon à ce que tous puissent le voir.

Si à un moment donné, vous voyez un participant l’air dubitatif ou même carrément distrait, vous pouvez attirer l’attention du groupe entier sur votre hameçon en deux ou trois mots. Bon d’accord, plus… mais rapidement quand même.

Le plan étant de rappeler à vos apprenants comment et pourquoi ça leur sera utile dans leur travail ou leur rôle.

Ainsi, vous avez reconcentré tout le monde (et pour ceux qui étaient déjà concentrés, une piqûre de rappel n’a jamais fait de mal à personne).

#CONSEIL3 – Vous devez poser des questions engageantes

Je vous parle de questions qui ont un sens avec votre formation, bien sûr.

Exit les questions non pertinentes, juste pour le plaisir d’engager une conversation. Surtout pas de condescendance non plus (d’ailleurs attention à la condescendance, ça peut être la raison pour laquelle on ne vous écoute plus ou peu).

Il faut que votre question implique les participants et fasse référence à leur quotidien. Ils doivent se sentir obligés d’écouter car la réponse les intéresse, elle leur sera utile !

Chaque personne de votre formation, si elle s’intéresse à votre sujet (et elle s’y intéressera si vous l’accrochez), doit avoir envie d’en savoir plus.

Croyez-moi, à partir du moment où vous ramenez votre participant à lui ou à son environnement proche, vous obtenez toute son attention.

#CONSEIL4 – Vous devez utiliser l’espace

Vous pouvez vous rapprocher physiquement de celui qui ne fait pas attention et poursuivre votre formation de ce point.

Si vous ne vous interrompez pas lorsque vous vous déplacez et que vous ne cassez pas le rythme, le message sera d’autant plus subtil et l’apprenant distrait saura que vous avez remarqué qu’il ne prêtait plus attention. Et ça montre que vous êtes dynamique et bienveillant.

Cette technique est à utiliser temporairement. Sinon, elle n’aura plus d’effet. Lorsque tout le monde est de retour à bord, reprenez votre position initiale.

#CONSEIL5 – Vous devez faire appel aux émotions

N’hésitez pas à faire appel à des exemples concrets, à raconter une expérience ou une histoire, ni même à parler de témoignages. Ce qui compte, c’est le vrai. C’est ce qui se passe dans le quotidien des gens. Si vous mettez du cœur dans vos paroles, vous susciterez de l’émotion chez le participant.

Alors vous éveillerez son intérêt si ce n’est pas déjà fait. L’émotion est un puissant vecteur pour maintenir l’attention et faire passer un message.

#CONSEIL6 – Vous devez dévoiler les informations de manière graduelle

Chaque information doit en amener une autre, toutes assemblées pour parvenir à l’objectif final de la formation. L’hameçon, si vous avez bien suivi.

L’apprenant doit y voir clair et savoir où vous l’emmenez. L’organisation et la hiérarchie du discours ne doivent surtout pas être négligées. Si vous êtes confus, l’apprenant ne comprendra pas la logique et cessera de vous écouter pour faire autre chose.

Distribuer l’information au compte-goutte permettra au participant de mieux l’intégrer (avec petit temps de digestion !).

Et d’autre part, être graduel, c’est aussi mettre un peu de suspens… Comme dans un polar. Bon d’accord, rares sont les formations qui tiennent tant en haleine, mais quand même ! Faites de votre mieux pour construire un scénario qui captive vos participants. Et qui leur évite de décrocher. 

#CONSEIL7 – Vous devez vous servir du visuel

Bougez, utilisez l’espace, restez debout et revenez à votre place.

Occupez la pièce en fonction de ce que vous êtes en train de faire : commenter un support visuel, tenir une conversation, observer une mise en situation, ou exercer une démonstration. Bref, adaptez-vous ! Il faut captiver votre public.

Votre corps est un outil.

De même, alternez entre présentation PowerPoint, projection vidéo, support papier ou encore mise en situation… peu importe la façon dont vous formez, vous devez vous assurez que votre apprenant apprenne. (A ce sujet, vous pouvez consulter mon article : “Comment aider un adulte à mieux apprendre ?”)

L’important est de faire appel à l’œil du participant. Et l’idée, c’est de varier les supports pour atteindre tous les canaux d’apprentissage. Tout en gardant l’attention de l’apprenant.  

Ce que vous devez retenir

Appliquez ces 7 conseils pour récupérer l’attention de votre public :

  • Ayez un hameçon !
  • Posez des questions engageantes.
  • Utilisez l’espace.
  • Faites appel aux émotions.
  • Dévoilez les informations de manière graduelle.
  • Servez-vous du visuel.

N’hésitez pas à me raconter vos expériences.

Et vous, que faites-vous pour récupérer l’attention de quelqu’un qui ne vous écoute plus ?

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Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.

– Comment aider un adulte à mieux apprendre ?

Parfois, j’aimerais qu’apprendre soit comme un super pouvoir.

Super héros

Imaginez.

On pourrait retenir toutes les informations qu’on entendrait. Qu’on verrait aussi.

Notre cerveau les stockerait et nous les tiendrait à disposition.

Tout et tout le temps !

Vous pourriez apprendre à boxer rien qu’en regardant une vidéo. Ou vous pourriez apprendre une langue rien qu’en lisant un manuel. Tout dépend de ce qui vous intéresse dans la vie.

Néanmoins, on sait tous que ça ne se passe pas comme ça.

Et qu’avant de devenir le nouveau Mohamed Ali, les poules auront des dents.

Quoiqu’il en soit, à la base de la base : vous devez savoir comment on apprend.

Pour mieux apprendre. Ou pour mieux apprendre quelque chose à quelqu’un. Ou pour les deux en fait.

D’abord, distinguez PÉDAGOGIE et ANDRAGOGIE.

Et là, vous vous dites “mais de quoi parle t-elle ?”.

Par habitude, on fourre tout ce qui est relatif aux situations éducatives dans le sac de la pédagogie.

J’en conviens. C’est plus facile.

Et de toute façon, on ne sait pas trop de quoi on parle.

La pédagogie, c’est un magnifique mot qui englobe tout ce qui est en rapport avec le fait d’enseigner. Et peut-être un peu d’apprendre aussi… enfin on ne sait pas bien.

Et puis, il y a un mot quand on doute. Pé-da-go-gie.

Emoticone qui doute

La pédagogie désigne l’éducation des enfants !

Et oui ! Prenons un élève de 10 ans et appelons-le Lucien. Alors… Lucien reçoit des informations et suit des instructions à l’école (ça vaut même pour chez lui d’ailleurs). En fait, Lucien dépend de l’enseignant et a peu de contrôle sur le processus d’apprentissage. Il est motivé à apprendre par des forces extérieures (famille, tradition, etc.). Comme si quelque part, il fallait faire plaisir et se conformer. Et dans tout ça, Lucien ne voit pas forcément l’avantage immédiat. (Oui, je vous ai entendu hurler en bons défenseurs de l’Education positive.)

Icone signe different

Au contraire, l’apprenant adulte vient avec ses idées fondées sur son expérience.

Laissez-moi vous présenter Annie. Annie est intérimaire dans une industrie manufacturière. Elle est formée par l’ouvrier de référence. De toute la section, c’est vous dire… Et paf, c’est là que ça se passe ! Annie agit avec interdépendance et fait des choix qui influencent son apprentissage. Ça veut dire qu’une dépendance réciproque naît entre l’apprenant, son formateur et ce qu’il transmet. Surtout en situation de travail. Annie est motivée par elle-même et elle peut voir l’avantage immédiat de la formation ! Oui, elle assemblera la pièce demandée sous la supervision de son formateur pour passer à la suivante. L’application immédiate est possible. C’est ce qu’on appelle l’andragogie ou l’éducation des adultes. Parce qu’en fait, un adulte il n’apprend que pour améliorer sa vie. Ça doit lui servir à quelque chose. Un point c’est tout.

Si on résume, l’adulte apprend quand ça concerne sa vie professionnelle ou sa vie quotidienne.

C’est vrai quoi. On ne s’embarrasse pas à apprendre le tricot si ça ne nous intéresse pas ! Alors qu’on apprend tout un tas de choses à l’école dont on ne se servira probablement jamais.

Donc, la mentalité des adultes dans le cadre de la formation est différente de celle des enfants.

Ce qui est top avec les adultes, c’est qu’ils savent qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, n’importe comment ni à n’importe quel moment.

Et non ! Bernard ne va pas faire une crise en entreprise parce que son collègue lui a piqué son sandwich à la dinde de Noël. (Et là, on pense à la scène mythique de Ross dans Friends).

Gif Ross avec son patron sandwich dinde mieux apprendre

Les adultes font appel à leurs expériences et à leur vécu pour résoudre bien des problèmes dans le cadre de leur travail.

Bernard sait bien qu’il ne faut pas dire à son patron qu’il a des pellicules. Bernard ne lui dira pas non plus que s’il s’occupait du dossier, le travail serait mieux fait. Non à la place, Bernard tient la porte à son patron. Et lui assure que oui, il relira attentivement le rapport.

Bam. Le poids de l’expérience et de la vie.

La personnalité change selon les rôles qu’on occupe dans la société.

C’est en rapport avec la manière de voir et de faire les choses. Bernard est quelqu’un de ponctuel.

Il est plutôt effacé. Le genre qui a du mal à se positionner avec les gens. Qui sait pas trop comment dire les choses.

Émoticône geek mieux apprendre

Bernard ne supporte pas les retards.

Il pense aussi qu’il vaut mieux imprimer les choses et travailler sur le papier.

Et maintenant, vous vous souvenez d’Annie l’intérimaire ? Annie a choisi sa vie d’intérimaire.

Elle aime la liberté, le risque et l’apprentissage de nouveaux métiers. Parce qu’elle commence à avoir quelques cordes à son arc, Annie ! Elle se fait souvent déborder, et accumule les retards.

Mais depuis peu, elle utilise une super appli qu’on lui a montré. Google Drive. Comme ça, elle accède partout à sa paperasse.

Voilà, c’est tout. Deux individus, deux façons d’appréhender les choses.

Les adultes prennent des risques calculés, ils s’engagent après avoir pesé le pour et le contre.

C’est sûr qu’Annie a calculé le retour sur investissement : elle préfère la souplesse même si elle fait partie du travail précaire, comme ils disent. Elle trouve son compte comme ça.

En revanche, notre petit Lucien n’a pas le choix lui, face aux règles de grammaire ou de mathématiques. Il les apprends et il sera évalué à ce sujet. Parce que Lucien veut passer au niveau supérieur.

Donc, pour revenir aux adultes…

C’est leur motivation qui oriente les choix individuels.

Et notre motivation, c’est quoi ? Banco ! Elle est toujours en rapport avec le fouillis de besoins, de sentiments, d’aspirations et d’attentes qu’on trimbale avec nous.

Émoticône qui traîne son sac mieux apprendre

Retenez les 5 points clés de l’andragogie pour aider un adulte à mieux apprendre.

Grosso modo, souvenez-vous que les adultes :

  • apprennent s’ils en ressentent le besoin.
  • font le lien entre ce qu’ils apprennent et leur expérience (ils deviennent critiques si ce qu’ils apprennent est en contradiction avec leur expérience).
  • apprennent en mettant en pratique ce qui leur est enseigné.
  • n’ont pas toujours un bon rapport avec la formation (mauvais souvenirs d’école, mauvaise expérience précédente…).
  • évaluent la formation en fonction de ce qu’elle leur rapporte.

Voilà. Constater les différences d’apprentissage entre un enfant et un adulte, c’est bien. Le transformer en un schéma cohérent spécifique à son public, c’est mieux.

Si vous avez des exemples… si vous êtes-vous même formateur… ou tout simplement quelqu’un qui transmet son métier… ou même parent… ou encore étudiant… ou que sais-je d’autre ?

Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.

– Ils disent que la formation, c’est élitiste… je dis : pas du tout !

Si vous vous baladez sur internet et que vous cherchez quelque chose autour de la formation professionnelle, vous allez tomber sur des sites institutionnels ou des articles au jargon peu abordable.

Pour la plupart.

C’est comme si on entretenait le mythe de la formation. Il est réservé à l’élite. Ceux qui savent de quoi ils parlent.

Nuage de mots compliqués Formation

Bref, beaucoup de mots décourageants. Je vous l’accorde.

Et pourtant, c’est une bien belle branche professionnelle.

(Petit clin d’œil à ceux qui ont lu C’est quoi une profession ? sur mon autre blog)

On se frotte là à tout le paradoxe.

Mythifier un domaine pour le rendre inaccessible.

Sauf si vous êtes du milieu. Ou si vous payez pour y accéder.

Emoticone qui reçoit des billets

En fait, comme dans toute organisation professionnelle : on s’unit pour obtenir des avantages. Pour légitimer cette union, on se crée une identité commune. Ça passe aussi (et surtout) par le jargon et les termes techniques. L’utiliser, ça veut dire qu’on en est nous aussi. Qu’on fait partie du groupe.

Ceux qui ne sont pas acteurs de leur parcours sont exclus du groupe. Parce qu’aujourd’hui, si vous ne vous formez pas, si vous ne dépoussiérez pas au minimum vos compétences, c’est de votre faute. C’est dans la bouche des politiques depuis un petit moment maintenant : responsabilisation de l’individu, autonomie dans le parcours… Bla bla bla.

Sauf qu’un jour, j’ai eu un déclic.

C’est du flan tout ça.

Parce qu’au fond, la formation, elle est partout. Malgré les possibles probables mauvais souvenirs qu’on a de l’école. Et même si on a fuit le système scolaire.

Emoticone qui rature son cahier

Puisqu’on apprend toute notre vie, nous formons aussi toute notre vie.

Si je regarde dans mon entourage, j’ai une amie monitrice d’équitation. J’ai aussi un ami qui fait des ateliers d’écriture (parmi bon nombre d’autres activités). Paf ! Ils touchent tous les deux à la formation.

Et puis, j’ai un ami moniteur éducateur. Il travaille en foyer avec des jeunes. Re paf ! Encore formation.

Bon vous allez me dire que ça fait partie du métier pour eux. C’est vrai.

Néanmoins, je peux aussi trouver des exemples de formation hors travail : être parent bien sûr. Et pas que de jeunes enfants, d’adultes aussi !

Emoticone qui a les yeux qui roulent

On a également les discussions entre amis. Ou en famille. Quand on explique quelque chose à quelqu’un. Surtout dans le cas où ce qu’on dit est utile, qu’il y a une action et un bénéfice derrière.

Tout ça pour dire que bon nombre de fois dans la vie :

Nous tenons le rôle du formateur.

Ces moments ne sont pas forcément formels. C’est à dire qu’ils ne sont pas toujours reconnus en tant que formation comme on l’entend.

La formation, ce n’est pas qu’une branche des ressources humaines. Ce n’est pas seulement des financements ou des dispositifs. Ni même des diplômes.

Bonhomme qui ajuste ses jumelles

La formation peut se cacher n’importe où.

On ne peut pas la cantonner qu’à son marché économique. Et on ne peut pas non plus la réduire à un prix.

Pourtant, c’est l’image entretenue.

Vous voulez accéder à une formation ? J’espère que vous travaillez dans une boîte d’au moins 100 salariés. Pour le service RH. Parce que c’est la croix et la bannière pour se frayer un chemin quand on est seul et qu’on connaît pas. C’est possible mais ça va vous prendre beaucoup de temps.

Si vous êtes demandeur d’emploi ou plus globalement sans employeur, je n’en parle même pas. Tellement d’interlocuteurs que ça donne mal à la tête.

Emoticone malade

Ça aussi ça entretient le mythe.

Je m’en suis rendue compte quand j’étais en entreprise. Chargée de formation. On m’a demandé de formaliser et valoriser la formation interne en production.

Croyez-moi. La formation en France, c’est une grosse machine.

Et en côtoyant les formateurs de production, je me suis rendue compte que la fonction leur plaisait. Vraiment. Que parler de leur poste de travail, l’expliquer, le transmettre, c’était une de leurs satisfactions professionnelles.

Quand je les forme, j’essaie d’éviter les artifices. Exit les théories fumeuses et autre pollution. On parle vraie vie. Et ça marche.

C’est comme ça qu’est né ce blog. J’ai eu envie de plus grand. Et d’en parler avec vous. Simplement.

Flèche noire vers le bas

Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.