Devenir accompagnateur VAE en 4 étapes + une surprise

On me questionne souvent sur mon activité d’accompagnateur VAE. C’est un peu difficile à comprendre pour certains car avant de se lancer dans une VAE, on s’imagine qu’on peut aisément se passer d’un accompagnement.

C’est possible bien sûr mais cela signifie aussi qu’on est prêt à passer beaucoup, voire énormément de temps sur sa validation des acquis de l’expérience. C’est d’autant plus dommage que l’accompagnement VAE peut faire l’objet d’une prise en charge de l’Etat grâce à votre compte personnel de formation, de Pôle Emploi, voire même votre employeur.

Néanmoins, au-delà de l’aspect purement financier, l’accompagnateur VAE est un véritable facilitateur de votre réussite et vous permet de bénéficier d’un solide appui tout au long de votre démarche.

Dans cet article, j’aimerais vous éclairer sur le parcours de l’accompagnateur VAE et surtout dépoussiérer un peu cette activité hyper intéressante.

Je vous propose de découvrir les 4 étapes indispensables pour devenir accompagnateur de candidat à la validation des acquis de l’expérience.

Enfin, un conseil : lisez bien l’article jusqu’à la fin, une surprise vous y attend 😉

1. Devenir organisme de formation professionnelle certifié

D’un point de vue purement administratif, devenir accompagnateur VAE implique d’effectuer les démarches pour être référencé en tant qu’organisme de formation.

Pour cela, il vous faudra vous déclarer auprès de la nouvellement nommée DREETS (Direction Régionale de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités) qui vous fournira un numéro d’identification unique, le NDA (Numéro de déclaration d’activité).

Une fois ce numéro obtenu, il vous faudra alors obtenir la certification Qualiopi. Il s’agit d’une démarche souvent considérée comme longue et fastidieuse. Mon avis est qu’il convient d’avoir à l’esprit que dès lors qu’on reçoit des financements publics, il faut s’attendre à devoir entreprendre des démarches administratives parfois compliquées. Le plus simple est de voir cela comme un passage obligé pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé.

Après l’obtention de la certification Qualiopi, il sera possible de prétendre directement aux différentes prises en charges publiques.

Vous pouvez aussi devenir sous-traitant d’un autre organisme de formation, également référencé en tant que tel (et qui bénéficie donc des financements publics). Il faut néanmoins garder en tête qu’en étant sous-traitant, l’organisme prend une commission plus ou moins importante sur chaque accompagnement réalisé par vous.

J’aimerais également ouvrir ici une parenthèse sur l’existence d’une certification d’accompagnateur VAE. Cette certification est référencée au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). L’activité d’accompagnement VAE n’est pas une profession réglementée, c’est pourquoi je ne m’attarderai pas ici sur la certification en question car elle n’est pas indispensable à l’exercice de cette activité.

2. Faire le choix de se spécialiser ou non

L’accompagnateur VAE est avant tout un facilitateur de VAE. En d’autres termes, cela signifie qu’il est censé avoir une parfaite connaissance des dispositifs de la validation des acquis de l’expérience, ainsi que des questions administratives qui y sont liées. C’est ainsi qu’il parvient à mener son apprenant VAE vers l’atteinte de son objectif, c’est-à-dire vers l’obtention du diplôme convoité.

Une question se pose néanmoins : est-il pertinent ou non de se spécialiser en tant qu’ accompagnateur VAE ?

En ce qui me concerne, je suis issue du milieu des ressources humaines. A ce titre, je dispose d’une bonne connaissance du monde de l’entreprise et du monde du travail en général. Par conséquent, il m’est plus simple de me positionner en tant qu’accompagnatrice VAE généraliste.

Pour autant, on peut ne pas être issu du milieu des RH et être parfaitement en mesure d’accompagner efficacement les candidats à la validation des acquis de l’expérience. En effet, dès lors qu’on dispose d’une expertise sur un métier ou un secteur d’activité particulier, on peut légitimement se positionner en tant qu’accompagnateur VAE.

Ainsi, il sera plus aisé de faire valoir son expertise métier ou sa bonne connaissance du milieu professionnel pour accompagner le candidat à la VAE vers la réussite de celle-ci. A l’inverse du professionnel des ressources humaines qui peut facilement se présenter comme un expert RH et VAE, la personne qui n’est pas issue de ce milieu-ci se présente comme un expert métier sans que cela ne remette en cause sa légitimité, bien au contraire.

En résumé, la personne des ressources humaines qui souhaite devenir accompagnateur VAE aura intérêt à endosser la casquette d’accompagnateur VAE généraliste alors que celle qui n’est pas issue des RH mais disposant d’une expertise sur son métier ou son activité pourra plus simplement prétendre à être accompagnateur VAE spécialisé.

Quoi qu’il en soit, il faut garder à l’esprit que l’accompagnateur VAE, comme tous professionnels de l’accompagnement, n’a jamais vocation à faire le travail à la place de l’apprenant. En d’autres termes, cela signifie que l’accompagnateur est avant toute chose un facilitateur. En effet, sa bonne connaissance des dispositifs de la VAE, tant en termes de process que d’un point de vue administratif, lui permet de mener son candidat vers la réussite de son projet.

3. Comprendre les différentes facettes du métier d’accompagnateur VAE

L’activité d’accompagnateur VAE ne se résume pas simplement au fait de guider l’apprenant dans les différentes étapes de sa démarche.

Comme j’aime à le répéter, obtenir un diplôme dans le cadre d’une VAE peut se révéler un véritable parcours du combattant. C’est pourquoi, l’accompagnateur VAE doit pouvoir être en mesure de “remotiver” le candidat lorsqu’il commence à se décourager en cours de route.

On peut dire également que l’accompagnateur VAE incite à faire preuve de réflexivité tout au long de la démarche d’accompagnement. Cela revient donc à aider le candidat à agir de façon objective et systémique en gardant le recul et la hauteur nécessaire pour ne pas émettre de jugement sur ses propres expériences et activités.

Le défi consiste alors pour l’accompagnateur à amener le candidat à organiser son travail et ses pensées de façon constructive. Cela se traduit par le fait de rester focus, faire le tri dans les différents éléments du dossier entre ce qui est pertinent ou non.

Pour ce, l’accompagnateur VAE est au fait des techniques d’enquêtes sociales. Il est donc en mesure de mener des entretiens semi-directifs afin de ne pas biaiser les réponses du candidat.

En résumé, l’accompagnateur VAE est semblable à un capitaine de bateau. Il donne son avis et est un appui tout au long de la démarche de validation des acquis de l’expérience. Il relit le dossier et propose des pistes d’amélioration.

4. Identifier le bassin de clients potentiels

Pour identifier vos clients potentiels en tant qu’accompagnateur VAE, il vous faudra :

  • définir votre cible

Par exemple, si vous êtes un professionnel de la santé, il sera certainement pertinent de proposer vos services d’accompagnateur VAE à des candidats souhaitant obtenir un diplôme dans ce secteur d’activité. Autre exemple : si vous décidez d’être accompagnateur VAE généraliste, il vous faudra alors définir au mieux votre client idéal en vous interrogeant sur sa catégorie socio-professionnelle, son secteur d’activité, son âge, son sexe, ses difficultés, ses blocages quant à la démarche de VAE, etc…

  • comprendre les caractéristiques du bassin d’emploi local

Si vous souhaitez proposer vos services à un niveau local, il sera alors pertinent de comprendre comment est organisé l’emploi dans votre région en vous posant ce type de questions : quel secteur d’activité est prédominant (agricole, tertiaire, industriel…) ? Etes-vous dans une grande ville ou bien en zone rurale ? Etc…

  • réfléchir à la manière dont vous souhaitez vous faire connaître de votre clientèle cible

Pour trouver des clients, plusieurs options s’offrent à vous telles que le démarchage en ligne ou physique lors de rencontres ou salons professionnels, les annonces locales, etc…

5. Vous êtes encore là ? Voici ma surprise 😉

A compter du mois de Mai 2021, j’ai décidé d’organiser une formation en live afin d’apprendre le métier d’accompagnateur VAE.

J’animerai chaque semaine en direct un coaching de groupe de dix personnes maximum durant lequel vous serez guidé pas à pas pour devenir accompagnateur VAE.

Cette formation se veut très complète et se déroule donc sur 3 mois soit 12 sessions (entre 2h et 2h30 chacune). A l’issue de cette formation, vous saurez tout depuis les démarches administratives inhérentes à la création de tout organisme de formation professionnelle jusqu’à la création complète de votre offre d’accompagnement de VAE.

En plus d’aborder tous les aspects du métier d’accompagnateur VAE, j’ai conçu cette formation sur la base de mon expérience terrain puisque j’accompagne depuis plusieurs années les candidats à la validation des acquis de leur expérience. En clair, cette formation pour devenir accompagnateur VAE, c’est du 100% opérationnel et zéro bullshit 😉

Enfin, cette formation se déroulant en direct, vous bénéficierez d’un retour personnalisé sur votre avancement. Je vous guide pour savoir comment structurer au mieux votre offre (objectifs, tarifs, diversification…) afin que vous vous retrouviez complètement dans cette nouvelle activité.

Enfin, une dernière précision (et pas des moindres;)) : cette formation est éligible à une prise en charge CPF. Elle est d’ailleurs proposée à un tarif très intéressant. Cela signifie donc qu’il est possible pour vous d’apprendre un nouveau métier sans rien débourser de votre poche. 😉

Vous êtes intéressé ? Vous pouvez m’écrire à mon adresse email de contact : hello@madameformation.com ou bien prendre rendez-vous avec moi pour un échange téléphonique en cliquant ici.

– Être consultant : la solution si vous avez de l’expérience et que vous souhaitez changer de vie professionnelle

On peut devenir consultant à n’importe quel âge. A partir du moment où on a déjà travaillé dans le domaine visé, c’est possible.

Le métier de consultant = « joker » de l’entreprise

Qu’est-ce que le consulting ?

On touche à l’amélioration de l’entreprise.

Les entreprises font appel à un prestataire pour résoudre un problème identifié et ponctuel.  Un consultant peut être employé par une société qui vend ses prestations à une autre société (consultant salarié), ou exercer à son compte (consultant indépendant).

Quelle que soit sa forme d’exploitation, un consultant est là pour exécuter un travail particulier : mettre en place un logiciel, analyser un problème de production industriel et préconiser des actions, ou encore optimiser un système de vente par exemple…

Le consulting s’applique à (presque) tous les domaines : achat, compta, marketing, RH, informatique, commercial, qualité et responsabilité sociétale, production industrielle… et j’en passe, sinon y’en a pour un régiment.  

Le consulting est différent du coaching !

Un coach prend en charge un salarié alors que le consultant traite une section de l’entreprise (le système de paie, le processus de conception de produit, l’architecture du site internet…).

Le coach aide le salarié à développer des solutions par lui-même en l’accompagnant.  Alors que le consultant apporte des solutions sur la base d’une analyse de l’existant.

Pour le meilleur et pour le pire

L’amour du domaine

Généralement, un consultant aime la matière dans laquelle il intervient. C’est un passionné, il a des références car il lit dans son domaine et fait une veille documentaire globale (réseaux sociaux, blogs, magazines spécialisés…).

Oui, parce que lorsqu’on est consultant, c’est notre savoir et nos connaissances sur le sujet qui nous aident à identifier le problème et à mettre en place la solution. Solution qui vient renforcer notre expertise du domaine. Être consultant, c’est chercher des solutions.

Un consultant est en perpétuel apprentissage car chaque situation de travail est différente. De même que chaque entreprise.

L’éternel « externe »

Si vous êtes consultant salarié, vous avez de bonnes chances d’avoir le pire bureau, le pire ordinateur et les pires fournitures.

Lorsqu’on exerce en freelance, c’est un peu pareil. Sauf que c’est votre ordinateur, vos fournitures et votre bureau dans un coin du salon.

Ne croyez jamais, même si ça fait longtemps, que vos collègues vous voient comme un employé. Vous êtes tantôt « l‘homme de la situation » et tantôt « Celui Dont On Ne Sait Pas Ce Qu’Il Fait ».

(Je dis « l’homme » pour l’expression, mais tout pareil si vous êtes une femme, vous l’avez compris).

Un consultant peut ne pas toujours être bien accueilli. Le changement n’est jamais bien vu. Imaginez : si vous êtes appelé pour restructurer un service, vous ne serez sûrement pas attendu par l’équipe avec un café. Vous avez saisi l’idée.

Bref, vous ne serez jamais vraiment de la famille. Et ce, peu importe la durée de votre présence dans l’entreprise.  (Comme un intérimaire qui vient effectuer une tâche précise.)

Travailler comme consultant

Le travail à la mission

Dégagé de l’opérationnel, le consultant intervient sur des points précis

Il vend un service intellectuel. Il répond à un problème et apporte une solution. Et l’opération se répète à chaque client, à chaque mission.

Etant dégagé de la gestion quotidienne de l’entreprise cliente (ouf ! sacré soulagement quand même), le consultant intervient sur un point précis. Il porte une analyse et offre un plan d’action. C’est ce qu’achète le client : un plan d’action. Et souvent, il prend la mise en place qui va avec. Package complet.  

Le rythme de travail est plus ou moins soutenu. Et chaque mission plus ou moins longue. Tout dépend du secteur d’activité et du contexte d’intervention.

Ce qu’il faut retenir ici si vous êtes consultant (ou si vous souhaitez devenir consultant) :

-> Primo, votre état d’esprit ne peut pas être celui d’un salarié au sens classique. Même si vous êtes salarié. Parce qu’il faut raisonner en mission et en client, et non pas en tâche et fonction.

-> Deuzio, vous connaissez successivement des phases de travail intenses puis des phases plus creuses. Vous devez accepter l’instabilité et montrer des capacités d’adaptation exemplaires. Ça fait partie du job. 

Les séquences de l’activité de conseil

Le consultant doit penser « global ». Son travail est difficilement découplable en journée type de travail.

Il réfléchit plutôt en semaine ou en mois en fonction de ses missions.

En tant que consultant, on jongle entre des journées chez le client et d’autres spécifiques à l’analyse et aux coulisses plus généralement. Et le tout, sachant que plusieurs missions peuvent se chevaucher.

En même temps, une veille documentaire régulière du domaine doit absolument être faite.

Bref, le consultant est au four et au moulin. Et avec le sourire siou plaît.

Les 3 piliers du métier

La résolution de problème

C’est une discipline très large et redoutablement efficace lorsque l’on navigue en eau inconnue.

La résolution de problème est la bouée de sauvetage des consultants. Elle est le fil rouge qui va le guider dans sa quête de solution réalisable ET performante.

Rappelons que trouver une solution et un plan d’action est le fond de commerce du consultant.

La gestion de projet

De toute façon, c’est le pilier de beaucoup de fonctions en entreprise aujourd’hui. Ne pas connaître ne serait-ce que son nom équivaut à un suicide professionnel.

Néanmoins, c’est encore plus vrai pour le consultant qui doit déployer des trésors d’organisation et de planification pour s’en sortir.

Savoir gérer un projet est primordial pour un consultant.  On n’est pas obligé d’être certifié d’un MBA, mais quand même. Avoir une méthode offre un cadre.

La relation client

La mission de conseil d’un consultant exige de choyer sa clientèle.

Oui, il faut avoir le sens du client. Sinon, on ne peut pas faire ce métier.

Sans client, pas de business.

Le consultant apporte de la valeur. A degrés variables selon la mission, mais de la valeur quand même.

Le client lui fait confiance pour mener à bien la mission qu’il lui a confié. Il s’engage à payer et attend des résultats.

 Le consultant freelance

Ce qu’il faut pour devenir consultant

Pour vous lancer en tant que consultant freelance, vous devez connaître au minimum du minimum les bases du domaine.

Et évidement, plus vous avez capitalisé d’expérience professionnelle, mieux c’est.

Vous allez devoir vous construire une autorité, puis l’entretenir. Aujourd’hui, les nouveaux consultants ont compris le pouvoir d’internet et s’en servent pour se créer une audience qui va alimenter leur autorité (réseaux sociaux, blogs, articles Linkedin, etc.).

On CHOISIT d’être consultant à son compte, c’est un lifestyle.

Pour finir, il faut bien sûr… des clients ! Je ne vais pas parler ici de comment obtenir des clients, ce serait trop long. Mais, n’oubliez pas : pas de client, pas de business.

Exercer à son compte 

Si, et seulement si vous avez déniché votre premier client, vous pouvez entamer votre démarche d’ouverture administrative légale de société.

Ne vous imaginez pas PDG à la tête d’un grand groupe national et commencez à votre niveau ! On ne se déclare que si on a une entrée d’argent potentielle.

Parce qu’une immatriculation d’entreprise, ça ne prend pas plus de 10 min. Et vous aurez un SIRET en approximativement 1 mois. Pour la facturation.

Le consultant peut débuter en profession libérale autoentrepreneur. Rendez-vous sur le site de l’URSSAF dédié aux autoentrepreneurs pour en savoir plus. Sachez seulement que vous paierez approximativement 22% de charges sur ce que vous vendrez. Vous ne serez pas assujetti à la TVA. Et si vous ne faites pas de chiffre d’affaire, vous ne payez pas.

Plutôt confortable pour se tester.

Dans le cas où votre chiffre d’affaire exploserait et que vous dépassiez le seuil autorisé (prestation de services : 70 000€, on est large 😊), vous pourrez toujours vous tourner vers une création de société (SARL, SAS ou autre) aux formes plus contraignantes et qui sera bien plus coûteuse.

Bref, pour pouvoir se faire payer par le client, il faut être déclaré.

Vous pourrez ainsi faire votre première vente et poursuivre votre chemin de consultant.

N’oubliez pas qu’en parallèle de votre recherche de clients physiques, vous pouvez vous créer une vitrine sur internet et commencer à rassembler une communauté pour accroître votre autorité en la matière. Et pour ça, pas besoin d’être déclaré. 😉

Alors avez-vous déjà pensé à exercer sous la forme du consulting ? Êtes-vous attiré par l’idée ? Voulez-vous vous lancer ? Racontez-moi ça.

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 Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.

– C’est quoi une “profession” ?

Métier ou profession ?

On utilise l’un ou l’autre au gré de nos phrases sans forcément en saisir le sens. Et peu importe. Ça veut dire la même chose. 

Emoticone qui doute

Je ne suis pas d’accord.

Bon, ok… Sans être si catégorique :

Savoir à quoi renvoie le mot “profession” nous fait entrer encore plus profondément dans la workosphère.

Oui, vous savez bien… ce monde un peu étrange qu’est l’entreprise. Ou le boulot en général. On y rencontre tout un écosystème. 

Fourmis qui travaillent

Et prendre le parti d’étudier la workosphère, c’est se détacher. 

Alors voilà. Aller chercher le vrai sens de “profession”, ça paraît ennuyeux comme une heure de colle.

Détrompez-vous. 

Parce qu’on comprend avec ce mot toute la portée de notre héritage. Ce qui fait aujourd’hui le métier. Notre métier. 

Lapin qui observe a travers ses jumelles

Et savoir d’où on vient, c’est toujours mieux.  

Alors lisez la suite sans modération. On va pas s’ennuyer, c’est juré.

La profession n’est pas le métier.

C’est plus large. La profession touche au monde du travail et au jugement social.

Pour comprendre ça, il faut qu’on fasse un petit tour dans l’Histoire.

C’est toujours instructif de s’intéresser à la construction des choses. Ça en dit long, croyez-moi.

Emoticone qui roule des yeux

Donc…

On est à la fin du Moyen Âge.

Profession. De professio en latin. Qui veut dire avouer sa foi, la déclarer ouvertement.

Les individus s’engagent publiquement. On pense au serment d’Hippocrate des médecins.

Serment d'Hippocrate

Le pouvoir est reconnu, il y a ceux qui en font partie et ceux qui n’en sont pas.

On dénombre à l’époque un certain nombre d’activités basées sur le modèle de la profession libérale. Surtout dans les domaines du droit, de la médecine et du clergé.

En clair, cela concerne essentiellement les activités qui permettent de gagner sa vie sans avoir à se livrer au travail manuel ou au commerce.

C’est la première scission entre les travailleurs qui travaillent avec leurs mains et ceux qui travaillent avec leur esprit.

Ensuite, on a la Révolution française.

Qui au fond est une révolution bourgeoise. Parce que les bourgeois entrepreneurs n’étaient pas reconnus.

Puis, c’est “le grand 20ème siècle”.

Ça va de 1789 (Révolution française) à 1914 (Première guerre mondiale).

C’est l’époque de l’industrialisation, des premiers mouvements sociaux, de Karl Marx, et j’en passe.

Dessin dockers port chargement

(Travail de Zola, dont je parle dans l’article “3 livres qui ont changé ma vie” à lire si vous voulez un roman de cette époque).

Les deux guerres… Les 30 Glorieuses… Le début des années 70…

On s’arrête ici. 1970 et plus.

C’est la France des 200 familles (les notables).

On a la bourgeoisie avec des métiers tels que médecins, juges… et on a les autres : les ouvriers.

C’est un tabou qui pèse historiquement sur la sociologie des groupes professionnels.

La société française est divisée entre la bourgeoisie provinciale et le peuple qui n’a pas vraiment le droit au terme “profession”.

Et paf, l’affrontement de classes est de retour.

La France de De Gaulle cherche une autre voie. (La question de la profession est une non-question pour les marxistes.)

On se dit qu’il faut définir des groupes professionnels liés à la classe moyenne.

La classe moyenne, c’est une notion à prendre avec des pincettes.

Parce qu’elle essaie de se négocier des espaces de visibilité sociale, elle veut affirmer son identité et être un groupe d’appartenance. En clair, elle veut se faire voir.

Emoticone oeil qui bondit

Il faut se méfier, parce que derrière se cachent des intérêts économiques, sociaux et identitaires.

Marketing aussi.

Si on prend l’exemple de la culture, il y a ceux qui ont le pouvoir de dire “le beau” et ceux qui le consomment.

Les groupes professionnels peuvent apparaître et disparaître.

Cendrillon qui se transforme pour aller au bal

Mais comment ont-ils fait pour apparaître ?

Ils peuvent aussi se transformer.

Magique.

La profession s’adapte à la société et suit tous ses mouvements.

L’exemple de l’agent immobilier colle bien : dans les années 70, le notaire était l’interlocuteur direct dans le cadre d’une transaction immobilière.

Aujourd’hui, on a diplômes, publications et fédérations d’agents immobiliers. Cautionnés par l’Etat donc. Et à cela, on ajoute au tableau les sites web de particuliers à particuliers.

La profession a une image un peu mythifiée, unique et singulière.

Emoticone ange

On a par exemple les formulations de type « chers confrères » chez les avocats ou les architectes. Parmi tant d’autres.

C’est surtout le cas quand on a à faire aux professions régies par un Ordre ou par une Confédération. Le vocabulaire entretient le mythe !

Il y a parfois souvent une disproportion entre le poids physique et le pouvoir que les professions se sont attribuées.

On est face à une image unifiée en façade qui sert à avoir des avantages.

Quand il n’y a plus d’avantage, il n’y a plus de profession.

Le système est bien rôdé, chacun joue son rôle. Les individus se regroupent pour obtenir des avantages et développent un discours pour capter une audience. Qui viendra renforcer le bien fondé de ces mêmes individus.

Emoticone qui s'evanouit

La profession est une construction qui n’ajoute rien au métier. Qui n’enlève rien non plus.

En fait, c’est quand le métier appartient à une organisation qu’on peut parler de profession.

« Les  professionnels du secteur » qu’ils disent…

À tout moment, la France se découvre des professions ! C’est toute une symbolique aussi, parce qu’il y a la perception sociale.

Bref, le but commun d’une profession, c’est d’accéder à des avantages.

Dessin Cadeau

Comme tous les autres regroupements professionnels si on y pense bien. Du type branches professionnelles ou syndicats.

Et tous les coups sont permis !

Aujourd’hui, on a les autoentrepreneurs qui sont les nouveaux prolétaires d’eux-mêmes (sans contrat notamment). [Ne criez pas au scandale, j’en fais partie.]

A la base, le professionnel (au sens libéral) est là, désintéressé. Il soigne. On pense aux médecins ou aux infirmières par exemple.

C’est faux à l’heure actuelle. Les professions libérales sont composées de beaucoup de métiers actuellement. Ça va du consultant au dessinateur industriel.

Ce terme n’est plus réservé au monde de la santé. Le rapport à l’argent est très important.

Emoticone dollars dans les yeux

Dans le cas français, on a un modèle de professions libérales savantes.

Et un pays qui invente les cadres !

Ça n’existe nulle part ailleurs. Le cadre est différent de la profession. Mais on retrouve la même idée d’aura mythique.

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Faut que je m’arrête là, sinon la réflexion va nous emmener trop loin.

Dans tous les cas, faites comme moi. Privilégiez le mot “métier” quand vous hésitez.

Ça rendra hommage à l’activité et non pas à tout le flon-flon qu’il y a derrière.

En plus, les mots sont très connotés et imprégnés de notre jugement social. C’est à dire de ce qu’on nous a appris à en penser. Grosso modo.

Le mot “profession” est lié à des avantages.

Et ça, c’est source de distinction en société. Ou de stigmatisation comme on dit dans le jargon.

Emoticone qui s'evanouit

Positive certes. Mais ça crée de la différence sociale.

“Métier” est moins connoté que “profession”. Ça renvoie davantage à ce qui est fait quand on est en poste. Plus concret.

Quand elle n’est pas nécessaire, il faut se passer de la différence sociale. Pour ne pas ajouter de filtres inutiles. On en a déjà bien assez comme ça. Et puis ça biaise notre enquête sociale.

Vous voyez où je veux en venir ?

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Bref, commentez.

Sans complexe.

Pas de chichi entre nous.